Le MASA du Hip-Hop

Ce jeudi 10 mars 2016 s’est déroulé à l’esplanade du Palais de la Culture, à Treichville le MASA HIP-HOP. Un show qui a reçu des artistes africains qui partagent le même genre et la même passion : le HIP-HOP.

IMG-20160304-WA0004Initialement prévu à la Place INCHALLAH de Koumassi, le Masa Hip-Hop Show s’est vu délocalisé vers l’esplanade du Palais de la Culture. On n’a pu savoir pourquoi, mais ça reste rien d’étonnant quand on sait qu’un festival de cette taille ne peut se faire sans faille d’organisation.

Sous la houlette de Nash (la go cra-cra du djassa), plusieurs artistes Hip-Hop tels que Smarty, Rico Amaj, Bop de Narr, Xuman, Khileur, Lekiptip… et bien d’autres ont défilé sur scène.

A mon arrivée à 17 :17 j’ai été frappé par une foule très jeune, faite de collégiens et lycéens encore en tenue d’école. Tous formaient une folle petite foule qui interagissait bien avec les artistes sur scène.

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Les élèves au MASA. Photo : Etser Emmanuel

Plus les artistes défilaient, plus je réalisais que le MASA donnait vraiment sa chance à tout le monde, y compris ceux pour qui, il m’a semblé évident, n’étaient pas dessinée une grande carrière musicale.

J’ai été plus frappé par les performances de :

L’Ekiptip qui ont enthousiasmé la foule avec leur chanson «ATCHOUM».

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L’Ekiptip. Photo : Etser Emmanuel

Bop De Narr qui est sans doute le punchliner préféré des jeunes ivoiriens. Il a lui aussi fait chanter la foule avec « L’eau Par Mes Narines » et « On Perd La Tête ».

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Bop De Narr. Photo : Etser Emmanuel

Xuman un artiste sénégalais qui mélange bien le genre musical traditionnel sénégalais et le Hip-Hop. Il a même insisté pour chanter sa version de la fameuse chanson « Coller La Petite » titrée « Coupez-Moi Le Sac » pendant que le public chante la version de Franko. Parodie dans laquelle il parle des hommes qui s’habillent « comme des femmes »…Si seulement ça avait été drôle !

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Xuman. Photo : Etser Emmanuel

Pendant que le public reclame Iba One, le MC du soir annonce Smarty. La foule s’en fout, et hurle le nom d’Iba One pendant que Smarty se prépare à monter sur scène. Peut-être ne savait-elle pas que Smarty était un rappeur célèbre au Burkina Faso et ex-membre du groupe Hip-Hop burkinabé YELEEN.

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Smarty. Photo : Etser Emmanuel

Pourtant c’était lui le clou du spectacle. Pendant que d’autres vociféraient dans le micro et s’agitaient dans tous les sens, Smarty a donné un show très professionnel en live. Son orchestre est magnifique et j’ai pu découvrir de belles chansons comme « Au Royaume de mes Espérances » et « Feeling de la vie ».

Il y a aussi eu mon coup de cœur : Melissa. Elle remplaçait Josey sur la chanson « Chéri Tu Me Saoules » de Kilheur et Josey. Melissa faisait partie d’un groupe chrétien très célèbre, il fut un temps, appelé La Harpe de David. J’étais ravi de réentendre sa belle voix. Par ailleurs, Kilheur a fait un bon show en live.

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Kilheur et Melissa. Photo : Etser Emmanuel

Ce fut un bon show avec ses malus et ses bonus. J’espère voir de vraies révélations de la musique Hip-Hop dans les prochaines éditions. Tout de même, il faut dire merci à Nash, la go CRA-CRA du DJASSA : tu m’enjailles.

 

Etser Emmanuel, The muusique

Des surprises et des confusions

Aujourd’hui, vendredi 11 mars, je suis allée à l’Institut Français pour voir une pièce de théâtre, qu’un ami enseignant à l’INSAAC m’avait recommandé.

Déjà en jetant un œil sur  le Journal du MASA, je constate que la programmation n’est pas tout à fait clair  – deux horaires différents y sont indiqués. Je vérifie donc sur le site Facebook de l’Institut. Dernier post de ce matin: « Aujourd’hui! Du théâtre à 15h, avec l’Association Fotti (Sénégal) pour « Xaar Yalla » à l’IFCI ». Je me rends donc au Plateau à cette heure.

Dans la salle de spectacle – de plus de 600 places – se trouvent environ dix personnes. La modératrice prie donc le peu de spectateurs de s’assoir tout devant. Pas de mot d’introduction sur le groupe, le spectacle commence directement.

Tambours, musique, danse

Photos : Tanja Schreiner

Deux femmes en robe et tallons courent en cercle sur la scène, accompagnés par des bruits d’une personne marchant lourdement à travers du gravier. Elles ralentissent leur vitesse, faisant des mouvements de danse contemporaine autour de grands bidons rouges, recouverts avec du cuir pour en faire des tambours. J’attends à un dialogue, mais elles prononcent juste quelques mots. Une compagnie sénégalaise, pourtant aucun accent sénégalais ? Bon c’est peut-être trop de spéculation, vu que moi-même, je n’ai pas non plus l’accent de ma région.

Les artistes commencent à battre leurs bidons-tambours, une musique forte accompagne toute la pièce. Je commence à me demander si ce qu’on voit, n’est pas le groupe de danse burkinabè qui devrait se produire à 17h: « Danse Spirit« , comme l’indique le programme sur Facebook, un spectacle de danse de 30 minutes par la Compagnie Teguerer.

J’arrête de spéculer. Après quelques minutes, le spectacle est terminé.

La modératrice, qui encore ne dit rien sur la compagnie présentée, nous informe qu’on devra quitter la salle maintenant, car « dans peu de temps » – à 19 h (alors dans plus de trois heures) – aura lieu le prochain événement auquel nous aurons accès avec le billet pris pour la pièce qu’on vient de voir.

Photos : Tanja Schreiner

Les pros et cons du MASA

Je reste encore un peu à l’Institut, regardant des danseurs qui s’entrainent dans la cour, dans une sorte de ring, pour « la Grande Nuit de la Danse Urbaine » à 20h. Il est 17h, de nouveaux spectateurs arrivent pour voir le groupe burkinabè, comme prévu dans le programme. Je les suis à la caisse pour me renseigner afin de savoir si il y aura peut-être mon groupe sénégalais. Pas de spectacle, nous informe la caissière. Le Monsieur qui est venu avec sa femme exprès pour ce spectacle commence à s’énerver. La caissière se défend, étant juste une bénévole, et nous dit que c’est le MASA qui envoie les artistes. Souvent ces derniers ne viennent pas à l’heure prévue ou pas du tout, d’ailleurs l’artiste qui devait se produire ce soir, n’était même pas encore arrivé en Côte d’Ivoire.

Le MASA, c’est un programme riche durant huit jours, avec des artistes talentueux et impressionnants de presque 40 pays. Pour cela, il mérite mon grand bravo qui vient vraiment du cœur. Mais le MASA c’est aussi ça : des problèmes de communication et de coordination.

 

Tanja Schreiner, Rythmes d’Afrique, Racines

 

Kyekyeku et ses amis enflament le BAO

Sawa sawa sawalé, sawa sawa sawalé, aaaasshh… c’est vrai que c’est assez spécial de commencer un article de cette façon mais comprenez-moi, j’ai encore la musique qui me revient en tête : les séquelles du passage de Kyekyeku au BAO Café. C’était le vendredi 11 mars 2016 que Kyekyeku et ses amis ont pris d’assaut la petite scène du BAO café. Un show magnifique qui nous a fait aimer le highlife (made in Ghana) et l’afrobeat.

Prévu pour 21h, je suis déjà sur les lieux, plongé dans une ambiance afterwork très chic qui nous fait rencontrer tous les continents : des gens venus d’Asie, d’Amérique, d’Europe… On s’y sent comme si le monde n’était qu’un endroit, ce café-là.

Ambiance-BAO

L’ambiance au BAO. Photo: Etser Emmanuel

Mais il est déjà sur scène avec ses amis musiciens, entrain de rigoler et faire les derniers petits réglages. C’est dix minutes après (le temps de commander une boisson fraîche) qu’on commence à entendre le son des instruments. Une batterie, une trompette, un trombone, une guitare basse, une guitare solo et une guitare classique amplifiée (jouée par Kyekyeku himself) forment l’orchestre qui nous plongera tout le long de la soirée dans le Ghana.

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Kyekyeku and friends. Photo: Etser Emmanuel

Il nous dit Akwaba en chanson avant de communiquer avec le public. Venu pour la première fois à Abidjan dans le cadre de la 9e édition du MASA, il raconte ce qui l’a le plus marqué : les jolies filles, la nourriture, l’ambiance…avant d’entonner une chanson. Tout le long de son show, outre son talent indéniable de musicien et de chanteur, on découvre un Kyekyeku drôle, attachant, charmant et ayant l’esprit de partage. Il prend le temps de communiquer, s’ouvrir au public racontant ce qui lui a inspiré certaines chansons et donne même un cours d’Azonto (une danse initiée au Ghana). La sentence est sans appel : les filles hurlent, je crois bien qu’elles sont tombées amoureuses.

Pour ma part, j’ai trouvé dommage que pour une première fois avec un public qui ne le connaissait pas vraiment, il ne donne pas le titre des chansons avant de les exécuter. Mais j’ai pu reconnaître deux chansons, qui étaient en fait des reprises :

  • « Redemption Song » de Bob Marley qu’il a repris à sa sauce (avec un début plus lent et entrainant au son unique de sa guitare ; les autres instruments le rejoignent ensuite pour un afrobeat très groovy, avant de terminer dans un rythme reggae : un pur régal pour l’ouïe.)
  • Une mielleuse reprise instrumentale afrobeat de « La Lambada » de Koama qui, rappelez-vous, avait été repris par Jennifer Lopez dans son titre « On The Floor ».

L’émotion dans la salle était aussi forte que la musique à certains moments. Ce qui était censé être un concert en toute intimité, s’est transformé en bal tellement il nous était impossible d’entendre une telle musique et de rester figer.

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Le public a dansé. Photo: Etser Emmanuel

C’est à minuit pile, après une reprise du grand classique high-life « Sawale » qui a fait dansé le monde, que prend fin le concert de Kyekyeku. J’ai passé un moment fantastique alors  je vous conseille de guetter ses prochains concerts. Vous ne serez pas déçus.

 

Etser Emmanuel, The muusique

ILE AIYE CLÔTURERA LE MASA 2016

Le MASA 2016 se termine demain avec de 17 h à minuit un spectacle de musique. Ce spectacle de clôture verra la présence sur scène d’Artistes tels que Ismael Isaac, Serge Benaud et le groupe de musique brésilien Ilê Aiyê.

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Photo: todabahia.com

Connaissant déjà Ismael Isaac et Serge Benaud, je m’attarde donc sur le Ilê Aiyê qui est pour moi la grande surprise de ce spectacle de clôture du MASA.

Le groupe de musique Ilê Aiyê est né dans le quartier noir de Salvador de Baya en 1974. C’est un groupe qui par ses origines met en avant dans sa musique les composantes afros de la culture brésilienne.

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Photo: Fotospublicas

Le groupe défile chaque année lors du carnaval de Bahia et a inspiré beaucoup de groupes à travers le monde. N’acceptant ni blancs ni métis dans le bloco, mais seulement des noirs, le groupe musical (il est composé de voix et de percussions) s’en tient à la seule forme musicale qu’il veut représenter. Cette forme musicale est composée de lents et majestueux rythmes ijexa, sorte de samba sur fond de candomble.

Découvrez en vidéo ce qui vous attend avec Ilê Aiyê à la cérémonie de clôture du MASA 2016.

 

Aïda Bamba, Kaleidoscope de moi

Venez rire en anglais

Le Marché des Arts du Spectacle Africain (MASA), accueil des artistes africains d’origines et d’influences culturelles diverses. Après les pièces de théâtre en Anglais que nous avons pu voir, c’est le moment de tester notre humour anglophone. Ce vendredi 11 mars 2016, se tiendra un “ENGLISH STAND UP COMEDY” à 20H au Palais de la culture, dans la salle François Lougah. L’humoriste Carl Joshua Ncube fera son ONE MAN SHOW , entièrement en anglais. Il est considéré comme le comédien le plus drôle du Zimbabwe.

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Crédit photo : Car Joshua Ncube

J’ai regardé quelques extraits d’un de ses ONE MAN SHOW sur youtube. J’avoue que ce n’est pas facile de rire aux éclats… Mais je pense qu’il serait intéressant de vivre l’expérience en LIVE, ce soir lors de la soirée Musique & Humour qui aura lieu à 20H. Carl Joshua Ncube sera sur scène avec tous les autres humoristes qui ont participé au MASA 2016. Soyez rassuré, ils ne parles pas tous anglais.

rire en anglais

 

Hermann W. Boni, N’Zassa225

MASA 2016 / Mode : Huguette Malamba décline les objectifs du programme Edition Limitée de l’OIF

Sous la houlette des « maîtres » Pathé’O de la Côte d’Ivoire et Thiané Diagne du Sénégal, trois jeunes créateurs africains ont présenté leurs collections au public du Palais de la Culture de Treichville, dans la soirée du 6 mars 2016, dans le cadre de la 9è édition du MASA. Il s’agit de Nakuin du Cameroun, de Moussa Sambaré du Burkina Faso et d’Abdou Lahad Gueye du Sénégal, tous lauréats de l’édition 2015 du programme Edition Limitée de l’Organisation Internationale de la Francophonie.

Rencontrée un peu plus tôt dans la journée lors d’un déjeuner de presse organisée par l’OIF pour présenter ledit programme aux hommes des médias, Huguette Malamba, chargée du spectacle vivant des arts visuels et de l’artisanat de luxe nous explique les objectifs du Programme.

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Huguette Malamba. Photo : Benincultures

Trois jeunes créateurs de mode, lauréats du programme Edition Limitée de l’OIF, sont présents au MASA 2016 pour faire voir le fruit de leurs travaux avec deux maîtres du domaine. Quel est l’objectif de cette participation ?

Le but de cette présentation est à la fois de montrer leurs œuvres, leurs travaux à un public composé de professionnels, d’amateurs de mode et de textile, et surtout d’acheteurs potentiels. Aussi, au cours du MASA, ils auront l’occasion de confronter leurs regards à d’autres francophones, à d’autres professionnels ; le MASA étant un marché, un carrefour de dialogue et de culture.

 

Concrètement, « Edition Limitée », qu’est-ce que c’est ?

Edition Limitée est un programme conçu par l’OIF et qui a été lancé en 2014. La Francophonie a décidé de s’investir dans l’artisanat de luxe pour permettre à de jeunes créateurs de mode de pouvoir renforcer leurs compétences auprès des maîtres d’art dans le cadre d’une résidence de deux semaines dans un pays francophone.
L’idée, c’est à la fois de favoriser la recherche dans le domaine de la mode, du textile ; et de leur permettre d’avoir des acquis techniques ; de favoriser le dialogue de culture puisque pendant deux semaines ces créateurs partagent leurs quotidiens dans un pays qui n’est pas le leur et au contact d’autres créateurs de mode autour d’une langue commune qu’est la langue française ; de partager également toutes les valeurs véhiculées par cette langue et enfin de travailler autour d’une passion commune, le textile et la mode.

Après deux éditions, les objectifs sont-ils atteints ?

Il faut souligner qu’en deux ans, il y a eu seize participants de onze pays. Edition Limitée est un programme extrêmement jeune qui a été lancé en 2014. C’est une histoire qui s’est créée à trois, à la fois entre une institution, des maîtres d’art qui reçoivent ces créateurs de mode et des créateurs de mode eux même.
Je pense qu’on peut déjà faire un bilan individuel pour certains. Là, vous avez des lauréats qui ont acquis des compétences, qui ont pu voyager et rencontrer d’autres professionnels. Entres eux, s’organisent déjà des circuits de diffusion, de distribution. Il y en a qui sont par exemple implantés à Abibjan mais ont un point de vente, même informel à Dakar parce que lors de la résidence, ils ont rencontré un autre créateur de Dakar qui a un espace de vente et qui est prêt à les accueillir.

Comment sont choisis les participants au programme Edition Limitée ?

Ils sont choisis sur la base d’un appel à candidature avec une sélection faite par des professionnels dans le cadre d’une commission.

Parlant des participants à ces deux premières éditions, vous avez dit qu’ils proviennent de 11 pays. Des créateurs béninois y ont-ils participé ?

Pour l’instant non. Il n’y a pas eu de créateurs en provenance du Bénin. Nous travaillons sur la base des sollicitations, de critères très précis et dans le cadre d’une commission dans laquelle siège des agents de l’OIF et des experts indépendants. Je ne pense pas que nous ayons reçu des candidatures du Bénin.
En revanche, nous avons été contactés par des organisateurs d’un jeune salon qui va être lancé au Bénin au mois de novembre prochain. On nous a parlé également d’un autre festival autour de la mode dénommé Journées Internationales du Textiles. Je sais qu’au Bénin, le textile constitue une véritable manne financière. On parle par exemple des nanas benz. On est prêt à accueillir les futures créatrices, héritières des Nanas Benz, des amazones. Il faut les encourager à candidater.

Justement, quand prend fin le prochain appel à candidatures ?

Le 15 avril 2016 (Postuler)

Puisque vous investissez dans la mode, quelles sont vos relations avec les festivals de cette discipline, notamment le Festival International de la Mode en Afrique (FIMA) ? 

Les relations sont très bonnes avec le FIMA du créateur nigérien Alphadi. L’OIF soutient le FIMA en apportant une dotation. Pour l’instant, l’appui que l’OIF apporte est concentré sur le créateur, un peu comme le programme Edition Limitée. Le focus se porte sur le créateur, sur l’individu. Et pour cet individu, nous travaillons sur son entreprise, son environnement. Il s’agit pour nous d’apporter un appui à la fois sur la résidence, les projets et l’entreprise. Nous avons donc l’appui structurel sur deux ans, l’appui en équipement et l’appui en communication. Mais tout cela dépend de ces créateurs et de leurs capacités à formuler un projet viable économiquement.

 

Eustache Agboton, Benincultures